Les milléniaux et la main‑d’œuvre de demain font face au meilleur des mondes.

Les jeunes Canadiens sont au centre de « l’économie à la demande », privilégiant les contrats à court terme aux emplois stables à long terme. De plus, ils font face à une grande volatilité dans la rentrée de l’argent, ce qui fait que le revenu sur lequel comptent les individus et les familles est précaire et peu prévisible. Ces facteurs économiques sont bien réels, mais ils peuvent très bien être compris et maîtrisés.

Les générations précédant les milléniaux se sont adaptées aux changements dans les conditions économiques et ont créé un Canada fort et stable, un modèle de bien‑être mondialement reconnu. Je suis certain que les générations futures auront la capacité de faire de même et n’y manqueront pas. Pour les aider dans ce sens, nous devrons, collectivement, modifier notre perception du travail et de l’emploi. En effet, la structure actuelle de l’emploi que nous croyons « adéquate » pourrait ne plus l’être à l’avenir. Nous devons donc nous mettre au défi de redéfinir ce qui est adéquat dans la nouvelle réalité économique et nous y adapter. Nous devons également avoir un sens d’obligation morale envers la littératie financière.

La littératie financière est une aptitude essentielle – et non optionnelle – de la vie quotidienne. Il est encourageant de constater que les futurs travailleurs canadiens sont bien placés pour acquérir les connaissances et se munir des outils nécessaires à cet effet.

  • L’évolution numérique a engendré une éruption de projets novateurs dans le domaine des technologies financières, rendant la planification financière pratique et accessible pour les jeunes au Canada. Selon l’Indice d’adoption des FinTech 2017 d’Ernst & Young, 33 % des adeptes du numérique âgés de 25 à 34 ans utilisent des produits et des services FinTech aux fins de planification et de gestion de leur argent. L’Association des banquiers canadiens a récemment lancé un projet pilote avec Carotte Points Santé afin de transmettre les connaissances financières aux jeunes de façon plus adaptée, au moyen de la technologie mobile et de la ludification.
  • L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) mène le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (ou PISA), un ensemble d’études mondialement reconnues. Dans sa plus récente édition, qui a visé plus de 500 000 élèves âgés de 15 ans partout dans le monde, les élèves canadiens ont affiché des résultats bien au‑dessus de la moyenne dans le domaine de la littératie financière.
  • Nous sommes témoins d’une montée dans les projets de collaboration entre le secteur privé et le secteur public portant sur l’innovation et la littératie financières. L’Agence de la consommation en matière financière du Canada exécute la stratégie nationale en matière de littératie financière. Elle a mis sur pied un comité directeur d’experts en vue de guider les efforts dans le domaine de la littératie financière, dont l’objectif clé est d’aider chaque Canadienne et Canadien à planifier ses finances selon sa propre situation.

Ce n’est pas tout ce qui a été fait, et il reste beaucoup à faire. Aider les futures générations à « viser juste » nécessite notre apport à tous. Il revient aux milléniaux de comprendre la nature évolutive du travail au Canada et de trouver la façon de vivre selon leurs moyens, aujourd’hui et demain. Il revient aux générations précédentes de transmettre leur expérience aux jeunes et de leur montrer ainsi ce qu’il faut faire et ne pas faire.

Essentiellement, nous ne devons pas nous arrêter à l’expression « littératie financière », mais comprendre plutôt que nous devons tous faire de l’éducation financière un apprentissage personnel à vie.

Les éducateurs, les organismes de réglementation, les institutions financières et les associations comme l’ABC doivent mettre en place les outils et les flux de connaissances appropriés afin de créer une culture d’éducation financière pour les générations à venir. Nous devons nous centrer non seulement sur le contenu de l’éducation financière, mais aussi sur le contexte. Nos programmes doivent être conçus pour des personnes réelles et viser divers auditoires. L’éducation financière en soi n’est pas une fin. Nos efforts visent donc à insuffler un sentiment de confiance devant la chose financière, à chaque étape de la vie. Cette confiance présente une puissante capacité de modifier le comportement et de garantir ainsi des conséquences favorables pour tous.

Voilà un puissant atout!