Bonjour!

Merci de me donner aujourd’hui l’occasion de présenter le point de vue du secteur bancaire sur l’étude menée par le Comité au sujet de l'acquisition de terres agricoles au Canada et ses retombées potentielles sur le secteur agricole. L’Association des banquiers canadiens représente 59 banques membres, ainsi que des filiales et des succursales de banques étrangères exerçant des activités au Canada, et leurs 280 000 employés. Je suis accompagné aujourd’hui par des représentants des cinq plus grandes banques au Canada, qui possèdent une grande expertise dans le domaine agricole et entretiennent des liens distincts avec la communauté agricole. J’aimerais commencer par souligner le rôle que le secteur bancaire joue auprès du secteur agricole.

Le secteur bancaire canadien est, depuis longtemps, engagé envers le secteur agricole. En effet, les prêts au secteur agricole représentent une importante part du financement accordé par les banques aux PME, plus de 14 % des prêts autorisés aux PME étant consacrés au domaine agricole. Les encours de crédit accordés par les banques au secteur agricole s’élèvent à 34 milliards de dollars, comprenant les prêts d’exploitation et les prêts à terme, ainsi que les prêts hypothécaires, ce qui représente environ 37 % du marché du financement agricole. Selon la ventilation faite par Statistique Canada, environ 22 % des prêts hypothécaires et plus de la moitié des prêts non liés à l’hypothèque accordés aux agriculteurs proviennent des banques. Nonobstant la taille de l’exploitation agricole, les banques canadiennes appliquent au secteur agricole les mêmes règles prudentielles et la même gestion des risques exhaustive qu'aux autres secteurs d’activités.

En plus du financement et en vue d’aider les exploitations agricoles de toute taille, les banques fournissent une variété de services allant de la gestion de la liquidité et des services de dépôt, à l’offre de services commerciaux et d’exportation.

À titre de participants actifs au marché du financement agricole, les banques sont en compétition entre elles, et livrent concurrence aux coopératives de crédit, aux agences de financement et de crédit bail, ainsi qu'à Financement agricole Canada (FAC). En tant que société d’État dans le domaine agricole, FAC est un important joueur qui domine le marché, occupant 27 % du marché du financement agricole et près de la moitié de celui des prêts hypothécaires agricoles au Canada.

En ce qui a trait à l’étude en question effectuée par le Comité, le secteur bancaire est conscient des complexités posées par les acquisitions de terres agricoles et de l’importance des terres agricoles pour les agriculteurs tant établis que nouveaux.

Un nombre de facteurs affecte le prix des terres agricoles au Canada. Notamment, les très faibles taux d’intérêt, le prix relativement élevé des matières premières et la demande croissante pour des terrains de développement urbain.

En outre, la taille, le nombre et le profil démographique des exploitations agricoles ont considérablement changé. Selon Statistique Canada, entre 1991 et 2011, la superficie agricole moyenne a augmenté de près de 30 % alors que le nombre d’agriculteurs a baissé d’environ 25 %. Parallèlement, nous constatons que les exploitants agricoles sont de plus en plus âgés. En outre, les prix à la hausse des terres agricoles ont eu un effet sur le bilan des agriculteurs, la terre représentant désormais les deux tiers des actifs d’une ferme, une augmentation par rapport aux 54 % de 2005.

La transition vers des exploitations agricoles plus larges et le vieillissement de la population agricole sont à la source de l’intérêt croissant dans l’achat et la vente de terres agricoles. Pour les agriculteurs qui ont consacré une vie de dur labeur à leur exploitation agricole, la terre est un investissement qui financera leur retraite. En fait, la vente de leurs terres est une importante décision pour les agriculteurs désireux de prendre leur retraite. Les banques les aident dans cette transition, mais aussi leur offrent des conseils inestimables au sujet de la retraite et de la planification successorale, pour eux et leurs enfants.

D’un autre côté, les jeunes désireux d’entamer une carrière dans le secteur agricole se tournent vers les banques pour obtenir des conseils au sujet des options qui s’offrent à eux sur le plan des terres agricoles, notamment le crédit bail, la location et le financement hypothécaire. Par ailleurs, les jeunes agriculteurs doivent faire un large investissement en capitaux pour l’achat d’équipement ou de machines afin de lancer leur exploitation agricole. Les banques sont en mesure de leur offrir la gamme complète de services et de conseils financiers nécessaires à cette fin. Par ailleurs, les jeunes agriculteurs peuvent recourir au programme de la Loi canadienne sur les prêts agricoles (LCPA), du gouvernement fédéral, pour acheter des terres, des installations, des machines et de l’équipement.

Les banques continuent à adapter leurs produits et leurs services pour répondre aux besoins d’un secteur agricole en évolution. Les banques emploient des banquiers spécialisés dans le domaine agricole qui, grâce à leur expertise et à leurs connaissances, comprennent les défis, mais aussi les occasions, propres au secteur. Les banques considèrent comme prioritaire la communication soutenue avec leurs clients agricoles afin de veiller à ce que les besoins de ces derniers soient comblés et que les clients reçoivent les services nécessaires au moment de prendre des décisions financières, notamment en ce qui a trait à l’achat ou à la vente de terres agricoles.

Encore une fois, je remercie le Comité pour cette occasion de partager le point de vue du secteur bancaire. Nous serons heureux de répondre à vos questions.