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Durant la crise financière mondiale de 2008‑2009, les banques canadiennes se sont démarquées par leur résilience. Contrairement à nombreuses institutions ailleurs dans le monde, nos institutions bancaires ont évité les grandes turbulences grâce à leurs pratiques prudentes d’octroi de prêts, à la surveillance diligente du gouvernement, ainsi qu’à la réglementation avisée, fondée sur les principes de sécurité et de stabilité. En fait, les banques du Canada sont toujours considérées parmi les plus stables au monde par le Forum économique mondial.
La résilience du système bancaire canadien n’est plus à prouver. Depuis 1840, les États‑Unis ont connu 13 crises bancaires graves; le Canada, aucune! Même durant la Grande Dépression, les banques canadiennes avaient maintenu leur résilience, et aucune n’avait fait faillite.
Ces résultats sont particulièrement remarquables, d'autant plus que, historiquement, le Canada dépend de l’exportation de matières premières, ce qui expose son économie à la volatilité de la demande mondiale. Malgré ces vulnérabilités, les banques canadiennes sont demeurées stables, peu importent les régions et les cycles économiques.
Depuis toujours, le système bancaire canadien privilégie la présence d’un nombre restreint de grandes institutions nationales ayant un réseau élargi de succursales à l’échelle du pays. Il s’agit d’un réseau centralisé, résolument centré sur la réglementation macroprudentielle et la stabilité du système. Le modèle canadien est largement reconnu comme la référence pour d’autres économies avancées.
Alexander Hamilton : une influence qui perdure
Pour de nombreuses personnes, il sera surprenant d’apprendre que la vision qui sous‑tend le système bancaire canadien prend sa source aux États‑Unis. Le modèle canadien est inspiré d’un modèle bancaire imaginé par Alexander Hamilton, premier secrétaire du trésor américain. Adam Shortt, un historien de l’économie qui a signé une série d’articles parus dans le Journal of the Canadian Bankers’ Association au début du 20e siècle, est même allé jusqu’à appeler Hamilton « le père du système bancaire canadien1 ».
Hamilton croyait ferme que les fondements d’un système financier stable se trouvaient dans les liens solides entre le gouvernement fédéral et des banques à orientation nationale. Selon Hamilton, dans des conditions politiques normales, un tel système favoriserait la confiance du public et commanderait le respect international. Ses idées avaient trouvé un meilleur écho au Canada.
Deux nations, deux philosophies bancaires
Bien que le modèle bancaire canadien ait pris ses premières inspirations des États‑Unis, les systèmes financiers des deux pays ont suivi des voies bien distinctes. La bifurcation a été entamée au 18e siècle, confirmée par la divergence entre les valeurs politiques et les priorités nationales des deux pays. En effet, le Canada tenait à la stabilité et à une gouvernance centralisée alors que les États‑Unis privilégiaient la concurrence et le contrôle indépendant des États. Ces choix initiaux étaient à la base des différences structurelles qui définissent toujours ces deux systèmes financiers.
Les États‑Unis
- Les treize colonies d’origine nourrissaient un profond scepticisme à l’égard de la centralisation du pouvoir, restants de leur révolte contre la domination britannique.
- Par conséquent, la constitution des É.‑U. n’a pas donné au gouvernement fédéral la pleine autorité sur le secteur bancaire. Chaque État a gardé donc le pouvoir d’établir des banques.
- Hamilton avait influencé la création des deux premières banques dans l’histoire des États‑Unis, soit la the First Bank (1791‑1811) et la Second Bank (1816‑1836), dont les chartes sur 20 ans n’ont pas été renouvelées en raison de l’opposition politique exercée par les divers États.
- En outre, plusieurs États avaient interdit l’ouverture de succursales de banques établies dans d’autres États, ce qui a renforcé l’existence d'un système fragmenté, composé de petites banques communautaires et non diversifiées, vulnérable aux chocs économiques.
- Même avec l’établissement de banques à charte fédérale depuis la fin de la Guerre civile, la structure déjà établie n’avait pas fléchi. De plus, malgré la levée de l’interdiction des activités bancaires interétatiques à partir des années 1970, la décentralisation est restée ancrée dans le paysage bancaire des États‑Unis.
La Canada
- À l’opposé de leurs voisins, les fondateurs du Canada avaient accepté la centralisation de l’autorité dans le domaine financier. Cette philosophie se reflète toujours dans le principe constitutionnel de « paix, ordre et bon gouvernement ».
- Nos premiers dirigeants avaient adopté un système bancaire proche du système écossais, qui se distinguait par des succursales bancaires à l’échelle du pays.
- La Banque de Montréal, fondée en 1871, suivait clairement la vision de Hamilton, soit une banque centrale avec des succursales dans les principales villes commerciales.
- De plus, l’échec de la First Bank des États‑Unis avait incité les dirigeants canadiens à éviter de telles instabilités.
- La Loi de 1867 sur l'Amérique du Nord britannique a accordé au gouvernement fédéral l’autorité exclusive de fonder et de réglementer les banques au Canada. Ainsi, dès le départ, il a été possible de développer un système bancaire à succursales, ce qui a permis l’ouverture de grandes banques robustes et présentes partout au pays.
Paysage moderne
Le système bancaire canadien a considérablement évolué. Il compte désormais plus de grandes banques nationales de détail que la plupart des pays européens, l’Australie et même les États‑Unis. Aujourd’hui, 78 banques canadiennes et étrangères exercent des activités au Canada, dont plus de 40 offrent aux consommateurs des produits et des services financiers de détail.
La page Historique de l’ABC vous donne les grandes lignes de l’histoire de l’Association des banquiers canadiens. Vous pouvez consulter le sondage sur les habitudes bancaires des consommateurs pour constater comment les banques répondent aux préférences actuelles de leurs clients.
1 Adam Shortt, History of Canadian Currency and Banking, 1600-1880, p. 14.